Mr Belbachir,Ruban Rouge Maroc«Je ne crois pas que l’on puisse pratiquer l’éducation à la sexualité»
Ajouter à:
Écrit par lam
25-12-2007
Entretien avec un jeune journaliste-reporter, connu pour son activisme en matière de lutte contre le sida.
ALM : Tout d’abord, les fleurs et le sida qu’est-ce que cela vous évoque ? Simo Belbachir :
Cela me renvoie directement à mes débuts. Après la mort d’un ami, qui
était atteint du sida, j’ai décidé de m’engager dans la lutte contre
cette maladie. Au début, je me suis fait envoyer balader par la
présidente d’une association célèbre de lutte contre le sida. C’est
alors que j’ai décidé de travailler à partir de l’étranger. Après quoi,
j’ai découvert qu’en Afrique du Sud, un orphelin du sida peut être pris
en charge à seulement dix dollars par mois. J’ai donc préparé un
projet, que j’ai baptisé «Une fleur à dix dollars pour sauver un
enfant» et que la fondation Mandela a accepté. Nelson Mandela «himself»
m’a d’ailleurs reçu à cet effet et c’est ainsi que tout a commencé.
L’association
est certes, spécialisée dans la communication préventive, mais
n’avez-vous pas eu certaines difficultés à aborder la population ?
Les
difficultés sont partout et elles font partie de notre quotidien. Et
lorsqu’il s’agit du sida, les choses deviennent encore plus délicates.
Mais bon, quand il s’agit d’une campagne soutenue par une grande
personnalité ou une star, tout devient un peu plus facile. Les gens se
montrent plutôt réceptifs et le message passe forcément plus vite et
efficacement.
Comptez-vous élargir le champ d’activité de l’association et notamment au niveau de la région de Fès ?
Absolument.
La prochaine campagne, dont le démarrage est prévu pour 2008, verra la
visite à Fès de notre ambassadrice Haïfa Wehbe et ce, pour l’ouverture
officielle de notre bureau régional dans cette ville. Cela d’une part.
D’autre part, je voudrais rendre hommage à Fès, qui est ma ville
natale et que j’adore !
L’éducation
à la sexualité, meilleur moyen de perception des risques selon les
spécialistes, ne figure-t-elle pas dans votre programme de mobilisation
et de prévention contre le sida ?
Je ne crois pas que dans
notre société, avec le poids de la religion, on puisse pratiquer
l’éducation à la sexualité. Or, à l’étranger, cela s’apprend dans les
écoles dès les plus bas âges. Chose qui n’existe pas encore ici. Du
moins à ma connaissance.
A
l’instar de certaines associations internationales, avez-vous introduit
dans votre programme des campagnes de mobilisation pour les droits
sociaux comme la prise en charge médicale des séropositifs ?
Je
crois qu’il y a d’autres associations qui font déjà cela au Maroc. Pour
notre part, nous voulons rester dans notre concept initial qui est de
prévenir le VIH/SIDA avec le concours des stars et idoles des jeunes et
moins jeunes. En plus, nous sommes les seuls à ne jamais solliciter un
dirham des fonds ou organismes, nationaux ou internationaux ! Ruban
Rouge, c’est de l’activisme bénévole ! Heureusement, pour la promotion
des actions de Ruban rouge, nous avons toujours réussi à toucher des
personnalités internationales comme l’ex-président français Jacques
Chirac ou encore, le Prince Charles du Royaume-Uni.
En
recherchant votre nom sur Google, nous sommes tombés sur une lettre
publiée par le magazine (Femmes du Maroc) et écrite par Hakima Himmich
dans laquelle elle vous critique ouvertement. En avez-vous
connaissance ?
Oui, je suis au courant de cette histoire.
Mais j’ai préféré garder le silence car j’estime que nous n’avons et
n’aurons jamais la même vision des choses. Ceci dit, j’ai beaucoup de
respect pour cette dame. Elle fait toujours figure de pionnière en
matière de lutte contre le Sida au Maroc.
Depuis sa création et jusqu’à aujourd’hui, peut-on affirmer que l’association a réalisé des progrès effectifs ?
Indéniablement !
Et Dieu merci d’ailleurs. Notre dernière campagne avec Haifa Wehbe
était couverte par tous les medias du monde arabe. On ne parlait que de
sa visite pour au Maroc pour le compte du Ruban Rouge, y compris dans
le Moyen-Orient, région où le sida reste un sujet bien plus tabou
qu’ici.